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Réforme des retraites : Vrai/Faux


VRAIS / FAUX sur la réforme des retraites


1. La démographie est le moteur du système de retraite français

VRAI

Le système par répartition est basé sur la redistribution des cotisations encaissées par les actifs et versées aux retraités sous forme de pensions.

La France vieillit.

Plus d'un Français sur cinq (21,3 %) a 65 ans et plus, contre 13 % dans les années 1980.

Les moins de 20 ans représentent 23 % des Français (30 % dans les années 1980).


Le ratio d'actifs cotisants par retraité se dégrade :

En 1960, on comptait 4 cotisants pour un retraité.

En 2004, il n'y avait plus que 2,02 cotisants pour un retraité et en 2019, le ratio est tombé à 1,71 selon l'Insee.


âSans réforme, il pourrait s'établir à 1,5 en 2040 et à 1,2 en 2070 selon le Conseil d'orientation des retraites (COR).

Il n’y aurait donc pas assez de cotisants par rapport aux nombres de retraités.


Par ailleurs, l’espérance de vie en 1981, quand l’âge de départ était à 65 ans, était de 78,5 pour les femmes et 70,4 ans pour les hommes.

En 2022, l'espérance de vie est de 85,2 ans pour les femmes et de 79,3 ans pour les hommes.



2. Le niveau des déficits des régimes de retraites n’est pas un problème

FAUX

Les besoins de financement sont réels :


Selon le COR, le régime de retraites des salariés du privé serait déficitaire de 13 Mds € à 15 Mds € par an entre 2024 et 2034 soit un déficit cumulé de près de 150 Mds € en 10 ans.

Ces prévisions de déficits sont construites à partir d’une hypothèse de plein emploi (4,5% de chômage).



Par ailleurs, le déficit structurel des régimes de retraites des fonctionnaires, estimé à plus de 30 Mds € est souvent passé sous silence. Les calculs du COR ne valorisent jamais le déficit de l’Etat en matière de retraite. Mais dans les faits, il manque des milliards pour payer les retraites des fonctionnaires.


â Si nous voulons conserver l’un des piliers de notre modèle social, il est indispensable de redresser les comptes.



3. Une autre réforme est possible


VRAI MAIS


Si d’autres leviers existent, leurs conséquences seraient néfastes pour les Français :

L’augmentation des recettes peut se faire via :

- La hausse des cotisations patronales mais cette dernière entrainera la hausse du coût du travail et mécaniquement créera un frein à l’emploi ;

- la hausse des cotisations salariales entrainera une baisse du pouvoir d’achats des salariés.


Quant à la baisse des dépenses, elle peut se faire grâce à la diminution des pensions des retraités actuels.

Mais ces derniers ont d’ores et déjà étaient mis à contribution depuis plusieurs années : hausse de 1,7 point de la CSG en 2018, sous-revalorisation de leur pension en 2019 et 2020.


â Nous ne voulons pas appauvrir ni les salariés, ni les retraités.



4. A 64 ans, les Français sont malades


FAUX


L'espérance de vie en bonne santé (sans incapacité) à 65 ans s’établit en 2020 à 12,1 ans pour les femmes et 10,6 ans pour les hommes.

S’agissant de l’espérance de vie à 65 ans sans incapacité sévère 18,1 ans pour les femmes et 15,7 ans pour les hommes.


Dans tous les cas de figure, pour les hommes comme pour les femmes, les chiffres montrent une progression de l’espérance de vie sans incapacité depuis 2008.


La part des personnes de 75 ans ayant déclaré en 2020 une incapacité modérée est en baisse. La part des incapacités fortes est en léger recul chez les hommes. Chez les femmes elle reste stable mais augmente légèrement après 65 ans.



5. Deux ans de plus à travailler, c’est beaucoup trop


FAUX


De nombreux Français partent déjà à la retraite après 62 ans.


En 2021, l’âge moyen de départ à la retraite du régime général (salariés et régimes affiliés) est de 62,9 ans. Il est un peu plus élevé pour les femmes : 63,2 ans contre 62,7 ans pour les hommes.


Un âge moyen qui augmente pour plusieurs raisons.

- L’entrée sur le marché du travail de plus en plus tardive avec l'allongement de la durée d'étude.

- Les carrières sont moins linéaires : il faut donc cotiser plus longtemps pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

- A ces raisons socio-économiques, s'ajoutent les différentes réformes des précédents gouvernements : report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, l’allongement de la durée (43 annuités) de cotisation requise pour bénéficier du taux plein.


âSi cet âge devait continuer de progresser, le rythme serait moindre qu'avec une réforme. L’allongement "naturel" permettrait d'atteindre les 64 ans mais pas avant 2040 selon le COR.



6. Dans tous les autres pays d'Europe, l'âge légal de départ à la retraite est de 64 ans au moins

VRAI

Sur 32 pays d'Europe, 27 ont un âge légal de départ à la retraite à 64 ans ou plus. C'est même 67 ans au Danemark, en Islande ou en Italie.

Mais les âges légaux de chaque pays ne suffisent pas à comparer des systèmes de retraite.

En effet, de fortes variations existent d'un pays à l'autre, en termes de conditions d'éligibilité, de durées de cotisation et d'affiliation, ou de salaires pris en compte pour le calcul et de niveau de retraite.


7. Avec le report de l’âge légal à 64 ans, les seniors seront plus nombreux au chômage

FAUX

Au début des années 2000, le taux d'emploi des personnes de 55 à 64 ans oscillait autour d'un très faible 31 %. En 2021, avec l'allongement des durées de cotisation et le recul de l'âge à 62 ans, il atteint 56 %, selon une étude du service statistique du ministère du Travail, la Dares, publiée le 12 janvier dernier.

Les taux d'emploi et taux d'activité des seniors n'ont ainsi jamais été aussi hauts depuis 1975. Mais le taux d'emploi diminue nettement avec l'âge et passe même sous la barre des 20 % à partir de 64 ans.

â L’allongement de deux ans de l’âge légal permettra mécaniquement de garder en emploi un plus grand nombre de seniors.


Note établie par Valérie Martinie (v.martinie@senat.fr)

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