Force est de reconnaître que le problème des déserts médicaux n’est pas seulement numérique puisque jamais la France n’a compté autant de médecins et pourtant jamais l’accès aux soins n’a été aussi difficile pour certains de nos territoires.

 

En effet, la France comptait en 2015 près de 220.000 médecins contre 100.000 en 1980, pourtant c’est en 2015 que l’accès aux soins est ressenti comme difficile, ce qui n’était pas le cas en 1980.

S’agissant de l’évaluation des écarts dans la démographie médicale, la densité varie de 101,2 médecins généralistes pour 100 000 habitants dans l'Eure, à 226,9 médecins généralistes pour 100 000 habitants à Paris. Pour les spécialistes, les écarts sont encore plus significatifs avec 64,3 médecins spécialistes pour 100 000 habitants dans la Haute-Loire et 501,3 médecins spécialistes pour 100 000 habitants à Paris.

 

Aujourd’hui, la formation des médecins se déroule essentiellement à l’hôpital avec seulement un seul trimestre sur les six de l’internat de médecine générale qui se déroule en ambulatoire. S’agissant de l’externat, il existe seulement un stage de 3 mois pour permettre aux étudiants de sortir de l’hôpital. Cette situation conduit à deux écueils : c’est d’abord un frein à l’installation des jeunes médecins hors de grandes villes universitaires mais c’est aussi un frein à la reconnaissance des spécialités non hospitalières.

Cette valorisation de la formation des étudiants auprès des médecins de ville doit prévoir une rémunération dédiée pour le professionnel en transférant une partie des sommes consacrées aux stages hospitaliers à la médecine de ville. 

 

Par ailleurs, le débat sur le nombre de médecins reste pertinent pour 3 raisons : d’abord la croissance démographique de notre pays et le vieillissement de la population qui nécessite une offre plus abondante, le vieillissement du corps médical avec une croissance du nombre de médecins qui s’explique par le nombre de médecins retraités qui exercent encore et enfin le manque d’attrait de la médecine générale qui ne permet une progression notable du nombre de médecins généraux.

  

Créé par la HPST, ces contrats d’engagement de service public (CESP) permettent aux étudiants de percevoir une allocation mensuelle en échange d’un engagement de 2 ans minimum à s’installer dans des territoires où la densité médicale est faible.

L’ACCÈS AUX SOINS

La problématique des déserts médicaux n’est pas seulement un phénomène rural, des villes de taille intermédiaire sont également touchées.

 

Le groupe les républicains au sénat s’est donc saisi de la question à travers le groupe de travail dédié à la protection sociale présidé par rené-paul savary.

 

Nous reprendrons donc à notre compte les propositions de ce groupe de travail sur l’accès aux soins.

 

1 - Pour une formation médicale qui assure l’accès aux soins sur tout le territoire.

 

Ces propositions doivent permettre d’améliorer la démographie médicale à moyen et long terme, d’ici 5 à 10 ans.

 

  • Proposition 1 : créer des centres ambulatoires universitaires (CAU).

 

Pour favoriser l’installation des jeunes médecins sur tout le territoire, il faut former les internes en médecine générale dans ces nouveaux cau de ville avec une formation théorique en faculté. Le financement suivra ces internes dans les cau.

  • Proposition 2 : valoriser la formation des étudiants auprès des médecins de ville.

 

Cette proposition doit permettre de fournir rapidement des effectifs en milieu rural.

 

  • Proposition 3 : pour une approche flexible du numerus clausus.

 

Les problèmes de démographie médicale que nous rencontront réside dans l’établissement d’un numerus clausus trop bas pendant 20 ans. Bien que ceui-ci ait été augmenté depuis 2000, de nouveaux ajustements doivent être envisagés.

 

2 - Améliorer l’attractivité des déserts médicaux.

 

Si la réforme de la formation médicale constitue une réponse à long terme, la crise de la démographie médicale que nous traversons exige des réponses pertinentes à court terme.

 

  • Proposition 4 : favoriser l’installation des jeunes médecins en zone rurale via les contrats d’engagements de service public.

 

  • Proposition 5 : renforcer le déploiement des maisons de santé.

 

Il faut renforcer les exonérations fiscales et sociales des médecins exerçant en maisons de santé et rationaliser le déploiement territorial des maisons de santé.

 

 

 

 

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